À Toronto

Depuis que l'Ontario a remis la propriété des HLM aux villes, l'office de Toronto (Toronto Housing Company) a modifié toute sa gestion pour faire une place beaucoup plus grande aux locataires, et ce, particulièrement dans l'élaboration des budgets.

La structure de participation s'apparente à celle que la FLHLMQ revendique pour les gros offices du Québec. Chaque immeuble élit un représentant ou une représentante qui siège au comité de gestion de secteur. Chacun de ceux-ci élit deux représentants qui siègent au comité consultatif des résidants et résidantes. Enfin, le CCR nomme trois locataires administrateurs sur les onze qui siègent à l'OMH.

Mécanismes de consultationAu-delà de la structure, les mécanismes de prise de décision semblent donner un réel pouvoir aux locataires. Prenons l'exemple du budget. Tout d'abord, les locataires ont le pouvoir de gérer eux-mêmes une partie du budget (près de 4 millions de dollars par année). Ensuite, les mécanismes de consultation associent les locataires à toutes les étapes :

  • Printemps : les locataires de chaque immeuble définissent leurs priorités en assemblée et les font parvenir au comité de gestion de secteur;
  • Septembre : les comités de gestion de secteur et le personnel de l'office forment une table ronde : ils proposent ensemble un plan budgétaire sommaire (les fonctionnaires ne sont pas seuls autour d'une table avec des recommandations écrites des locataires);
  • Octobre : ce plan budgétaire est transmis à un groupe de travail (budget council) qui rédige le budget qui sera approuvé. Encore à cette étape, les locataires participent à ce groupe de travail;
  • Décembre : le conseil d'administration approuve le budget final. Non seulement il y a trois locataires autour de la table mais en plus, chaque comité de gestion de secteur a envoyé ses recommandations au CA.

L'expérience de Toronto prouve qu'il est parfaitement possible de se partager les pouvoirs entre locataires et gestionnaires. Lorsque les locataires constatent qu'ils et elles peuvent exercer un pouvoir réel sur leurs conditions de logement et être vraiment écoutés, ils et elles sont nombreux à vouloir s'impliquer. Vous pouvez visiter le site du Toronto Housing Company et y trouver des bulletins destinés aux locataires en français.