Le premier budget de Mark Carney est venu confirmer ce que nous savions déjà. Le fédéral investira 13 milliards $, sur 5 ans, dans l’agence Maisons Canada pour agir comme promoteur et développer du logement abordable, notamment sur des terrains publics.
Après s’être fait faire le coup une première fois, en 2017, avec la Stratégie nationale sur le logement qui nous promettait des logements abordables, les libéraux nous annoncent une deuxième livraison de logements, encore une fois, sans aucune garantie que ceux-ci ne seront pas au coût astronomique de 1200 $, 1500 $ ou 2000 $ par mois.
Rien dans les orientations annoncées par Ottawa laisse à penser que ces 13 milliards $ qui, aux dires du fédéral, devraient avoir un effet de levier pour générer 130 milliards $ grâce à la collaboration des provinces, des villes et des secteurs privés et sans but lucratif, serviront à loger en priorité les ménages à faible revenu. Elles ne contiennent aucune cible et aucun programme en faveur du logement social et des HLM et les mécanismes de financement suggèrent de faible subvention par projet et une forte contribution des développeurs privés ou sans but lucratif, donc des loyers élevés.
Le directeur parlementaire du budget estime à 290 000 le nombre de logements à construire annuellement pour remédier à la pénurie de logements à travers le Canada. Mais nous sommes en droit de présumer que ces nouvelles constructions continueront à tirer vers le haut le coût des logements dans nos villes au lieu de servir de refuge aux ménages les plus fortement touchés par la crise du logement.
Même si les orientations contenues dans le budget sont désolantes, tout n’est pas encore joué
car l’agence Maisons Canada n’a pas encore adopté d’orientations et de plan d’action officiels. Il n’est donc pas trop tard pour tenter de corriger le tir en faveur d’un investissement massif du fédéral, de Québec et des municipalités dans une relance du programme HLM. Mais le temps presse !
Photo: La Presse