L’Observatoire québécois des inégalités sociales a récemment mené une recherche pour mesurer les impacts de l’insécurité résidentielle sur le développement des enfants et sur leur parcours scolaire. La recherche évalue aussi les coûts que cela représente.
Rappelons que selon la SCHL, un logement est considéré comme étant adéquat s’il respecte trois normes :
- La qualité est convenable (logement en bon état, pas besoin de travaux majeurs);
- La taille est convenable (le nombre de chambres est suffisant pour le nombre de personnes qui y habitent);
- L’abordabilité : un logement est abordable si un maximum de 30% du revenu total du ménage (avant impôt) est consacré aux frais de logement.
Malheureusement, une grande partie des locataires vivant sur le marché privé sont loin de vivre dans des logements qui répondent aux normes. Pour les locataires de HLM et leurs enfants, il y a aussi des enjeux, malgré l'abordabilité. En effet :
- Au 1er janvier 2026, plus de 21 000 logements HLM étaient encore cotés D ou E. Ces logements ne sont pas de qualité convenable;
- Plusieurs milliers de locataires de HLM sont dans des logements surpeuplés. La taille de leur logement n'est pas convenable, il manque au moins une chambre. La rareté des HLM limite l'espoir des locataires d'être transférés dans un logement de la bonne taille.
Plusieurs conclusions du projet sont marquantes, La petite enfance (0-5 ans) est une période cruciale du développement. Les enfants qui passent leur petite enfance dans des conditions de logements inadéquats ont plus de probabilité d’avoir des difficultés scolaires dès le préscolaire et tout au long de leur parcours :
Grandir dans un milieu nécessitant des réparations majeures ou être exposé au manque d’argent, notamment pour payer le loyer ou le chauffage, augmente le risque de non-diplomation de 81% et de 80% respectivement, tandis que le statut de locataire multiplie ce risque par 2,7.
Au niveau des coûts, Frédéric Laurin a évalué que l’impact économique total du décrochage scolaire à 20,3 milliards $ au Québec en 2024. Il tient compte à la fois des pertes économiques liées à des revenus plus faibles et des coûts assumés par les gouvernements.
Les retombées sociales économiques qu’offrent les HLM s’élève donc à des milliards de dollars. Ne pas construire de logements sociaux est un choix politique qui alimente une crise humanitaire et sociale touchant même nos enfants.